Albums du Louvre

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Nouvelles acquisitions 2020

L’actualité de l’enrichissement des collections
51 œuvres

L’enrichissement des collections nationales est l'une des missions fondamentales du Louvre et, en raison de l’étendue de ses collections et de son statut de premier musée de France, un important enjeu scientifique et symbolique. Parce qu’elles sont propriété de l’Etat, inaliénables et imprescriptibles, et nécessitent la dépense de fonds publics, les acquisitions représentent une responsabilité particulière. 

Les œuvres sont choisies à l’issue d’un processus collégial de consultation : la Commission des acquisitions (24 membres) se réunit chaque mois pour examiner la totalité des projets, onéreux ou gratuits, proposés par les 8 départements de conservation et le musée national Eugène Delacroix. Elle émet un avis sur les œuvres, qui lui sont présentées physiquement. Au-delà d’un certain seuil financier, le Conseil artistique des Musées nationaux, doit également se prononcer. 

Le financement des acquisitions est assuré par un pourcentage des recettes de droit d’entrée aux collections permanentes ; il est donc directement lié à la fréquentation du musée. Au-delà de ce budget propre, les libéralités (dons et legs), les apports en nature par dation et les ressources du mécénat (particuliers, sociétés d’Amis du musée, entreprises) permettent d’augmenter les ressources financières des acquisitions.
Image de couverture : statuette d'Apollon citharède.
 

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Musées Nationaux Récupération

les biens « MNR » conservés au musée du Louvre
1738 œuvres

Après la Seconde Guerre mondiale, les forces alliées ont retrouvé en Allemagne ou dans les territoires contrôlés par les Allemands, des œuvres et objets d’art provenant de France, dont un grand nombre étaient spoliées, principalement aux familles juives. Les Alliés en renvoyèrent 61 000 en France. La Commission de récupération artistique (CRA), créée en 1944, en restitua 45 000 à leurs propriétaires légitimes ou à leurs ayants droit, avant 1950. Par la suite, les dossiers en cours furent confiés à l'Office des biens et intérêts privés (OBIP), relevant du ministère des Affaires étrangères. De 1949 à 1953, une Commission de choix sélectionna quelque 2000 œuvres. Ces œuvres ne font pas partie des collections nationales, conformément à leur statut défini par le décret du 30 septembre 1949. Elles n’ont pas été inscrites sur les inventaires des musées, mais sur des inventaires provisoires spéciaux, qui regroupent ces œuvres communément désignées par l’acronyme « MNR» (Musées Nationaux Récupération). 

Parmi les œuvres « MNR » se trouvaient des œuvres et objets non spoliés, vendus sur le marché de l’art pendant l’Occupation par des propriétaires qui n’étaient pas menacés ou persécutés, sans compter un certain nombre de pièces commandées par les Allemands. Les musées affectataires ou dépositaires de biens MNR ont pour mission d’effectuer des recherches destinées à identifier les propriétaires de ces œuvres, en vue, le cas échéant, d’une restitution à leurs ayants droit. La proportion des œuvres spoliées dans l’ensemble des MNR reste inconnue, car la provenance de la majorité des œuvres demeure floue. Les œuvres MNR qui se révèlent spoliées peuvent faire l’objet d’une restitution à leurs propriétaires légitimes, sans aucune date de prescription, par décision du Premier ministre après recommandation de la Commission pour l’indemnisation des victimes de spoliations (CIVS) ou décision du ministère de la Culture.

Image de couverture : Tête de lionne, Théodore Géricault, MNR 137.